Accessoires platine vinyle · Couvre-plateau
L'interface entre le plateau et le disque est l'un des points les plus sous-estimés de toute la chaîne analogique. Ce qui s'y passe — ou ne s'y passe pas — détermine si la pointe de lecture parcourt un sillon mécaniquement apaisé ou un sillon qui lui renvoie les vibrations solidiennes captées par le plateau. La Oyaide BR-12 est la réponse du fabricant japonais à cette question précise : un couvre-plateau à profil conique en caoutchouc butyle, chargé de tungstène à grain fin.
Le caoutchouc butyle figure parmi les élastomères présentant la plus faible résilience au rebond : il absorbe l'énergie vibratoire et les chocs pour les convertir en chaleur au lieu de les restituer. S'y ajoute son pouvoir d'isolation électrique élevé, qui favorise nettement moins l'accumulation de charges statiques à la surface de contact que bien des plastiques. Le tungstène incorporé porte l'effet à un autre niveau : avec une densité d'environ 19 g/cm³, il se situe pratiquement au niveau de l'or et passe, en technique antivibratoire, pour le matériau amortissant de référence sans plomb. Masse et amortissement interne travaillent ainsi de concert — avec ses 385 grammes, la BR-12 assagit sensiblement même les plateaux les plus massifs.
Butyle & Tungstène
Élastomère très amortissant enrichi en tungstène (densité ≈ 19) — sans plomb
Conicité de 1°
De 5 mm au bord vers le centre — aplanit les disques voilés avec un presseur
18 trous d'accord
Évitent l'effet d'étouffement propre aux tapis en caoutchouc — la musique garde son élan
La BR-12 possède une genèse remarquablement bien documentée. Au départ, il y a le MJ-12, le couvre-plateau en aluminium d'Oyaide, avec sa conicité caractéristique et un motif de perçage soigneusement étudié. En 2011 a suivi le BR-ONE, un tapis en caoutchouc butyle de 1 mm seulement, conçu comme couche d'amortissement à placer sous le MJ-12 — mais qui s'est rapidement imposé en usage autonome : plus de 2 000 exemplaires vendus en un an.
Oyaide a fait de ce succès le point de départ d'un véritable programme de recherche sur les matériaux. Les essais de mélange avec différents additifs amortissants ont désigné le tungstène comme nettement supérieur sur le plan sonore. Parallèlement, il est apparu que la forme conique et le motif de perçage du MJ-12 fonctionnaient tout aussi remarquablement sur un support en caoutchouc. La BR-12 est la conséquence de ces deux constats — la géométrie du MJ-12, la matière du BR-ONE, ennoblie par le tungstène. Elle peut toujours servir d'élément amortissant sous le MJ-12, dont elle absorbe alors les vibrations résiduelles, mais elle donne toute sa mesure en usage autonome.
Derrière ce nom se tient une maison qui a une histoire : Oyaide Electric a été fondée en 1952 par Kazuji Oyaide, sous la forme d'un petit commerce de câbles à Akihabara, le quartier de l'électronique à Tokyo. Ce spécialiste du fil de bobinage et du câble industriel est devenu au fil des décennies l'un des fabricants les plus respectés au monde en matière de connectique secteur, de câbles et d'accessoires analogiques — invariablement Made in Japan, avec l'intégration verticale caractéristique des manufactures japonaises.
La construction en détail
Le couvre-plateau mesure 5 mm au bord extérieur et s'amincit vers le centre selon un angle de 1,0°. Ce cône très plat n'est pas un détail esthétique mais un principe de fonctionnement : posez un stabilisateur ou un poids presseur d'au moins 300 grammes environ, et le disque est attiré vers le bas en son centre tandis que sa périphérie vient s'appuyer sur la zone extérieure surélevée. Voilages, galbes et ondulations de bord sont compensés dans la mesure du possible en dehors de toute aspiration sous vide. Pour la pointe de lecture, cela signifie une surface d'appui constante plutôt que fuyante — les composantes de modulation verticale sans rapport avec la musique disparaissent tout simplement du signal.
La zone conique reçoit 18 trous dits « tuning holes ». Ils résolvent un problème que connaît quiconque a déjà essayé un tapis épais en caoutchouc : le caoutchouc plein amortit de façon fiable, mais il retire souvent à la restitution son air, sa finesse et son attaque — le message paraît bridé. La surface de contact réduite empêche précisément cet étouffement et ne fait disparaître que les bruits parasites, sans toucher à l'élan de la musique. Avantage pratique : les trous servent d'appuis pour les doigts lorsqu'on retire du plateau un disque 25 cm ou un 45 tours.
Le diamètre extérieur est lui aussi choisi à dessein. Avec ses 294 mm, la BR-12 reste juste en deçà des 300 mm d'un 33 tours — le bord du disque dépasse très légèrement et se saisit sans effort. Le bord du tapis est lui-même formé en lèvre afin qu'on puisse le soulever du plateau tout aussi aisément. C'est à ce genre de détail que l'on reconnaît un produit qui n'a pas seulement été calculé, mais réellement utilisé.
Sur le plan sonore, la BR-12 agit simultanément sur deux plans. L'association de la masse et de l'amortissement interne apaise le plateau et dissipe les micro-résonances avant qu'elles n'atteignent le sillon — il en résulte une restitution audiblement plus nette, débarrassée de sa turbidité, avec une image plus stable et un grave mieux dessiné. Dans le même temps, le coefficient de frottement élevé du caoutchouc butyle assure un contact ferme avec le disque : celui-ci repose pleinement, sans glisser, même avec des cellules à forte force d'appui. Le mouvement de la pointe devient plus calme, la lecture du sillon plus précise.
Deux remarques pratiques méritent d'être faites. D'abord la hauteur du bras : 5 mm correspondent à l'épaisseur de nombreux tapis en caoutchouc d'origine, auquel cas la BR-12 se substitue directement sans correction de VTA. En revanche, si l'on vient d'un feutre fin ou d'un tapis de 1 mm, il convient de rehausser le bras en conséquence afin de ramener l'angle de lecture vertical dans sa plage optimale. Ensuite la masse ajoutée : tapis et presseur réunis représentent vite 700 à 1 000 grammes sur le plateau. Sur les platines à sous-châssis, un nouveau réglage de la suspension peut donc s'avérer nécessaire ; sur les platines à courroie dotées d'un moteur modeste, un contrôle de la stabilité de vitesse après l'installation est judicieux. Agréable au quotidien : puisque l'on travaille avec un couvre-plateau et un poids plutôt qu'avec une pince ou un anneau périphérique, le disque peut être changé plateau en rotation — un vrai confort sur les platines à forte inertie et long temps de démarrage.
La livraison comprend un disque stroboscopique en carton couché PP, couvrant les trois vitesses courantes (33, 45 et 78 tr/min) aussi bien pour le 50 que pour le 60 Hz. Sur ce même disque est imprimé un gabarit de surplomb offrant une plage de mesure de 5 à 30 mm — un outil de réglage de cellule réellement utile, que l'on n'attend pas nécessairement d'un couvre-plateau dans cette catégorie de prix.
Caractéristiques techniques
| Fabricant |
Oyaide Electric Co., Ltd. (Japon) |
| Modèle |
BR-12 |
| Type de produit |
Couvre-plateau (turntable sheet) |
| Matériau |
Caoutchouc butyle chargé de tungstène à grain fin |
| Poids |
385 g |
| Diamètre extérieur |
294 mm |
| Hauteur (bord extérieur) |
5 mm (partie la plus épaisse) |
| Angle de conicité |
1,0° — s'amincissant vers le centre |
| Trous d'accord |
18, dans la zone conique — également appuis pour les doigts |
| Bord extérieur |
Formé en lèvre, facilitant la préhension |
| Presseur recommandé |
à partir de 300 g env. (pour une planéité maximale) |
| Contenu de la livraison |
BR-12, disque stroboscopique avec gabarit de surplomb |
| Disque stroboscopique |
33 / 45 / 78 tr/min, pour 50 et 60 Hz, couché PP |
| Gabarit de surplomb |
Plage de mesure 5–30 mm, imprimé sur le disque stroboscopique |
| Combinable avec |
Oyaide MJ-12 (comme couche d'amortissement en dessous) |
| Série / modèles apparentés |
MJ-12 (aluminium), BR-ONE (caoutchouc butyle 1 mm) |
| Fabrication |
Made in Japan |
| Couleur |
Noir |